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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 17:57

Productions et financements croisés : investissements inadaptés aux besoins : l’état actuel du réseau local d’eau potable n’est pas un modèle de cohérence.

 

Le constat  est criant : mis en place il y a quelques décennies, le réseau local d’exploitation et de gestion de l’eau potable ne correspond plus aujourd’hui aux besoins réels des usagers.

D’abord parce que la consommation d’eau baisse d’années en années. Les usagers ont entendu le message qui recommandait d’économiser « l’or bleu ». Mais la seule réponse qu’on leur offre est une augmentation de leur facture, ce qui n’est pas la meilleure des pédagogies pour les encourager à poursuivre cette démarche hautement citoyenne !...

La raison en est simple : comme les recettes baissent, puisqu’on vend moins d’eau potable, on compense en augmentant les tarifs. Redoutable logique qui va à l’encontre da la bonne gestion d’une ressource qu’on qualifie de précieuse.

 

Adapter le réseau aux besoins

 

Autre paradoxe, et pas des moindres : alors que la consommation baisse, on continue d’investir dans la production d’eau potable. Un coût entièrement supporté par l’usager, faut-il le rappeler. Et comme on n’arrive pas à « écouler » le surplus… on augmente de nouveau les tarifs. Un engrenage infernal payé cash par l’usager. C’est le cas dans tout le département, et aussi  à La Rochelle.

Il est donc impératif d’arrêter d’investir dans l’augmentation de la production. Les économies réalisées permettront de répercuter, à la baisse, le prix de l’eau à ses destinataires. En ces temps de crise, le geste politique ne sera pas anodin, notamment pour les catégories les plus défavorisées.

 

Redonner de la cohérence

 

Il existe un autre obstacle de taille à la réduction du prix de l’eau : l’organisation actuelle de l’outil de production et d’exploitation. Si elle a eu sa raison d’être il ya quelques décennies, quand fut créé le SIAE de la Région Nord de La Rochelle, elle n’est plus d’actualité aujourd’hui.

A l’époque, il fallait moderniser le réseau, diminuer le taux de fuite et répondre à l’augmentation de la population. Aujourd’hui, comme on vient de le rappeler, ces besoins ont changé. La population continue d’augmenter mais sa consommation baisse et sa répartition s’est considérablement modifiée. Autrefois concentrée à La Rochelle, elle investit désormais massivement la première, voire la deuxième couronne. Et ce mouvement continue de s’accentuer.

Or, aujourd’hui, que constate t’on ? L’assainissement, dont le financement provient en partie de taxes croisées avec  celui de l’eau potable, est de la compétence de la CDA de La Rochelle : un choix logique, en adéquation avec la cohérence du territoire couvert.

Mais 12 de ses communes sont sous DSP (1) avec la SAUR pour la distribution de l’eau.

La ville de La Rochelle est sous régie municipale, mais achète de l’eau à LA CDA, dont l’unité de production (Coulonges) est gérée par la SAUR.  Cette même CDA qui vend de l’eau au SIAE, par l’intermédiaire de la Ville de La Rochelle. Les autres communes sont gérées par la RESE (2).

Cet imbroglio se traduit par des tarifs différents pour les usagers de l’eau de chacune de ces entités territoriales. Tarifs qui sont, globalement, très supérieurs à la moyenne nationale.

On le voit : en matière de cohérence, il reste beaucoup à faire. En commençant par remettre à plat l’ensemble de l’organisation du réseau local et en mutualisant les moyens de productions (voir propositions en page 4), on pourrait réaliser de substantielles économies qui bénéficieraient directement aux usagers.

 

 (1)DSP : Délégation de Service Public

(2)RESE : Régie d’Exploitation du Syndicat des Eaux

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Published by CEP 17
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