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  15 mai 2010 09h26 | Par Bruno Béziat

SUD Ouest   

La bataille fait rage autour du prix de l'eau

Face à une ressource naturelle qui se raréfie et dont le prix augmente, les élus n'acceptent plus aussi facilement les contrats des sociétés privées.

   

 

   
   

 

   

En quelques années, la donne a changé. Après les excès des années 90, durant lesquelles les géants privés de l'eau ont fait main basse sur les principaux marchés des municipalités, l'heure est venue de faire les comptes. Les élus locaux ne veulent plus se laisser faire. Ils ont choisi la plupart du temps de négocier pied à pied avec ces privés qui gèrent en leur nom l'eau potable et l'assainissement, soit par affermage, soit en délégation de service public.

On négocie partout

Les exemples ne manquent pas. Il y a d'abord Bordeaux ou la Communauté urbaine (CUB), sous la pression des associatifs, qui a revu à la baisse le contrat avec la Lyonnaise. Cela sera bientôt au tour de l'assainissement, et chacun fourbit ses armes. Dans la région, on trouve Anglet, commune qui semble faire école. En septembre dernier à Biarritz, la ville a renouvelé son contrat avec la Lyonnaise et le prix de l'eau est passé de 3,69 € le mètre cube à 3,02 €, soit une diminution de la facture de 18 %.
Certaines communes sont même tentées de passer en régie publique, malgré les contraintes techniques, c'est-à-dire de reprendre la main sur cette gestion (lire ci-contre l'étude de Gérard Chausset). Tant que l'eau n'était pas trop chère et la situation des finances publiques meilleure, la note passait plutôt bien. Mais, avec une ressource qui se raréfie, des normes de plus en plus draconiennes et coûteuses, les élus n'ont plus d'autre choix que serrer la vis.

De Lectoure à Cestas

C'est par exemple le cas à Lectoure (32). Sur le papier, l'une des eaux les plus chères de la région. Selon les prix fournis par l'Agence de l'eau Adour-Garonne pour l'année 2008, le tarif moyen est de 3,50 € le mètre cube dans les villes de plus de 3 500 habitants du Sud-Ouest. Avec des disparités étonnantes puisqu'elle dépasse à peine les 2 € à Cestas et franchit allègrement la barre des 5 € à Lectoure. « Ce prix comprend l'assainissement et tout le monde n'est pas raccordé à la station d'épuration, souligne le maire Gérard Duclos. Nous avons mené une démarche pour être classés en station hydrothermale et cela nécessite des investissements lourds, tout comme l'amélioration de la qualité de l'eau. » Quant au prix, le maire de Lectoure assure « qu'il va baisser » puisque des négociations sont entamées. « Le fermier (la société qui gère en affermage) était irréprochable, mais maintenant que les investissements sont réalisés nous pouvons peser sur les prix », ajoute-t-il.
À Cestas (33), commune la moins chère, le maire Pierre Ducout se montre modeste. « C'est logique dans la mesure où nos installations ont été amorties, et que nous ne rencontrons pas les mêmes contraintes que des zones rurales ou de grandes densités urbaines. » Notamment sur la CUB (Bordeaux), voisine où le prix est bien plus élevé, même si la gestion est également privée. « Nous n'avons pas fait le choix de la régie publique pour l'eau. Mais il peut être pertinent. Cela doit se regarder au cas par cas pour chaque commune », conclut Pierre Ducout.

Légère évolution

Les prix de l'eau des communes de plus de 3 500 habitants que nous présentons ci-contre et dans les pages locales de vos éditions sont tirés d'une vaste étude de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, qui comprend pratiquement tout le sud-ouest de la France à l'exception du nord des deux Charentes.
Il s'agit des prix de l'année 2008, les seuls disponibles pour l'ensemble des communes du bassin. Ils correspondent pour l'essentiel aux prix d'aujourd'hui, même s'ils ont pu évoluer légèrement.

 

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