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Faisant écho à la devise adoptée par CEP 17 : « L’eau n’est pas une marchandise », le syndicat des Eaux de la Charente-Maritime estime, sur son site Internet : « L'eau n'est pas inépuisable, c'est un bien rare et précieux.
Il ne faut donc pas considérer l'eau comme un produit mais comme un véritable service qu'il convient de prendre en compte à sa juste valeur : il faut la rechercher, l'extraire, la traiter, la stocker, l'acheminer chez le consommateur, la collecter lorsqu'elle est utilisée, la transporter vers les stations d'épuration, la rendre propre et la rejeter dans le milieu naturel.
»

Pour comprendre de quelle manière les services de l’eau ont pu, en Charente-Maritime, devenir des marchandises sur une partie du territoire, au bénéfice des actionnaires et au détriment des usagers, il faut connaître les grands traits de son organisation technique et de sa gestion politique.

ORIGINE, PRODUCTION ET TRAITEMENT

L’eau distribuée en Charente-Maritime provient des ressources suivantes :

Eaux de surfaces

Les eaux de surface issues de la Charente, sont fournies par l’usine Lucien Grand à Saint-Hippolyte pour le syndicat des eaux et par l’usine de Coulonges-sur-Charente, qui alimente La Rochelle et par les barrages vendéens.

L’usine Lucien Grand, à Saint-Hippolyte, sur la Charente, a été mise en service en 1980 mais son doublement a été réalisé en 2007. Il a été confié au groupe OTV (la filiale technologique de Véolia Eau) pour 27 000 000€. Depuis 2008, elle permet une production de 60 000m3 d’eau maximum par jour.

L’usine de Coulonges, créée en 1973, appartient à la CDA de La Rochelle et a une capacité maximale de 30 000 m3 par jour. Son fonctionnement est délégué à la Saur. Le contrat avec la Saur a d’ailleurs été renouvelé pour une durée de 7 ans à compter du 1er janvier 2010.

Les barrages de l’Angle-Guignard et de Mervent en Vendée complètent le dispositif par des ventes d’eau à la Charente-Maritime.

La Vendée a vendu ainsi 3 514 618 m3 d’eau au syndicat des Eaux de la Charente-Maritime en 2009.

 

Le barrage de l'Angle-Guignard est un barrage construit en 1950, situé à Chantonnay en Vendée sur le cours du Grand Lay. Il approvisionne une usine d'eau potable d'une capacité de 24 000 m³/jour. C'est la Saur qui exploite cette usine.

Le barrage de Mervent est un barrage construit en 1956, situé sur les communes de Mervent et Pissotte en Vendée sur le cours de la Vendée. Il approvisionne une usine d'eau potable d'une capacité de 55 000 m³/jour (60 000 m³/jour tenue maximal 48 heures). C’est la Saur qui exploite cette usine.

Mais ces barrages seront bientôt caducs car trop vétustes et cette source d’approvisionnement risque de se tarir. Cependant, le Syndicat Intercommunal pour l’utilisation des eaux de la forêt de Mervent qui gère ce complexe a entériné dernièrement deux grands projets : l’usine de traitement de l’eau va être déplacée sur le site de La Barlingue, pour être mise aux futures normes. Elle sera mise en service en 2012. Dans un deuxième temps, un nouveau barrage de type « barrage poids » (Un barrage poids est un barrage dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l'eau) va être construit. Il sera opérationnel en 2013.

Eaux souterraines

Les eaux souterraines sont issues dans notre département de 79 sites de production gérés par la RESE dont 9 en nappe libre, 12 en nappe semi-captive et 38 en nappe captive, auxquels il faut en ajouter d’autres, par exemple les captages de Varaize (Périgny) et de Fraise (Vérines) qui appartiennent à La Rochelle ou celui de Lucérat à Saintes.

Le 9 avril 2009 a été inaugurée à Saintes l’usine de production d’eau de Diconche. En service depuis le 1er avril 2008, l’usine est exploitée par la société Véolia, également délégataire du service public de production et de distribution de l’eau potable à Saintes. La ville de Saintes (26 531 habitants) est en effet alimentée en eau potable à partir de la source de Lucérat, située en bordure de Charente. Cette ressource permet également d’approvisionner en partie les communes du Syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau Potable) de Chaniers (6 500 habitants) qui ont délégué à Véolia et participe à l’alimentation en eau du département, plus particulièrement en période estivale, pour les besoins du Syndicat des Eaux de Charente-Maritime (97 250 habitants). L’eau pompée provient d’une nappe souterraine qui remonte à la surface après avoir traversé un terrain calcaire fissuré.

Volumes de production, ventes et achats

Les besoins du département sont estimés à 50 millions de m3 maximum par an.

Le syndicat des Eaux à lui seul, produit environ 30 millions de m3 par an dont 14,7 millions en eau de surface (10,7 millions pour Lucien Grand et 3,5 millions pour la Vendée) et 16 millions en eau souterraine.

L’usine de Coulonges produit environ 6 millions de m3 par an (6 331 318 pour 2008), le captage de Fraise 1,6 million de m3 et celui de Varaize 165 000 m3.

L’usine de Diconche produit 3 millions de m3 d’eau potable par an. Sachant que Saintes ne consomme que 2 000 000 m3 par an, 1 million de m3 est donc « mis à disposition » = vendu au syndicat départemental pour couvrir, éventuellement, ses besoins extraordinaires de l’été.).

La Vendée est censée compléter l’approvisionnement.

D’autre part, chaque gestionnaire se débrouille pour acheter ou vendre l’eau qu’il a en trop ou en manque :

Par exemple, le syndicat des Eaux a acheté par contrat 1 685 059 m3 d’eau à Diconche en 2009. Le Syndicat de La Rochelle Nord a acheté 2 676 87 m3 d’eau au Syndicat départemental en 2009 qui en vend également à Rochefort, à Saintes et à d’autres collectivités.

La ville de La Rochelle a vendu 987 225 m3 au SIAE La Rochelle-Nord en 2007.

ACHEMINEMENT ET STOCKAGE

Les conduites d’eau et les réservoirs

La RESE à elle seule, gère 331 réservoirs, 183 stations de pompage, 59 captages, 399 km linéaires de feeders et 11 677 km de canalisations.

Une conduite de 700 mm de diamètre amène sur 50 km l’eau de l’usine de Coulonges jusqu’au château d’eau du Pré Carré pour alimenter La Rochelle. Son exploitation est déléguée à la Saur.

Toute ces canalisations sont interconnectées (en particulier au niveau du Thou) permettant de mieux gérer l’approvisionnement en eau, quelque soit sa provenance, Coulonges, Lucien Grand, Diconche, Vendée, des conventions existant entre les différents exploitants et le syndicat départemental.

La gestion politique de l’eau

Parmi les 472 communes de Charente-Maritime, 466 communes adhèrent au Syndicat des Eaux de Charente-Maritime pour la compétence « eau potable », dont 387 sont regroupées en 70 syndicats intercommunaux (UGE) et 79 sont indépendantes.

6 communes n’adhèrent à aucun syndicat, Jonzac, Royan, Saintes, Saint-Jean-d’Angély, Rochefort, La Rochelle.

Ce mode d’organisation concerne la gestion politique de l’eau, dont la responsabilité incombe aux élus locaux et particulièrement aux maires toujours responsables de l’eau dans leur commune. Chaque entité choisit ensuite son mode de gestion, publique, par l’intermédiaire d’une régie qui peut être départementale ou communale, ou privée par délégation de service public à une société privée. Dans ce dernier cas, un appel d’offres permet de choisir le délégataire.

358 communes font confiance à un établissement public, tandis que 114 font appel à un opérateur privé.

Parmi les 6 communes autonomes, seules La Rochelle et Rochefort fonctionnent en Régie communale publique, les autres délèguent à des sociétés privées. Jonzac et Saintes à Véolia (jusqu’à fin 2013 pour Saintes), Royan à la CER et bientôt à Véolia, Saint-Jean-d’Angély à la Saur.

Il faut ajouter Saint-Georges de Didonne qui fonctionne avec sa propre régie municipale.

Le syndicat de La Jarrie (5 communes) a aussi sa propre régie.

Le syndicat des eaux de la Charente-Maritime

Le syndicat des eaux a été créé en 1950 sous l’impulsion d’André Dulin à une époque où il fallait équiper les zones rurales de réseaux de distribution d’eau potable en mutualisant les financements. Il fallait aussi approvisionner en eau l’île de Ré, La Rochelle et Rochefort. Après avoir créé sa régie d’exploitation, installé des réseaux d’eau potable, produit et distribué de l’eau, le syndicat s’est intéressé à partir de 1972 à la construction des réseaux d’assainissement et des stations d’épuration et a réalisé les premières interconnexions dans les années 80. Puis il s’est fixé l’objectif d’une amélioration progressive de la qualité de l’eau.

Enfin en 2002 il s’est doté de nouveaux statuts : C’est maintenant un EPCA (Établissement public à caractère administratif).

C’est un syndicat à la carte avec trois compétences : production et distribution d’eau potable, collecte et traitement des eaux usées domestiques, contrôle, entretien et réhabilitation de l’assainissement non collectif. Si 466 communes adhèrent à la compétence « Eau Potable, seulement 405 ont adhéré à la compétence « assainissement collectif » et 412 à la compétence « assainissement non collectif ».

Son président est depuis 2001 Michel Doublet (sénateur UMP, maire de Trizay (commune qui, par ailleurs, délègue son adduction d’eau à la Saur). Son bureau est constitué de 17 membres. Le comité syndical se compose de 540 délégués et se réunit 2 fois par an. Son directeur est acteuellement Denis Minot, qui en fait fonction depuis décembre 2006, en remplacement de Philippe Delacroix.

En 2006, à la suite d’un rapport de la Cour des Comptes reprochant au syndicat départemental de travailler avec les communes et les autres syndicats sans avoir établi de convention au préalable, les présidents du syndicat des rives de la Seudre, le maire UMP de La Tremblade (également président de la CDA de Royan), Jean-Pierre Tallieu et celui de la région de La Rochelle-Nord, le maire et conseiller général PRG de Périgny, Michel Rogeon, avaient fait front commun pour s’opposer à ce que le syndicat départemental ne prenne trop d’importance et ne court circuite de fait les délégations aux fermiers, car, affirmait Michel Rogeon, « L’intervention du syndicat départemental doit se limiter à l’investissement et non à la gestion ».

Mais, concernant les pouvoirs rééls des syndicats, ne faut-il pas aussi méditer sur cette phrase d’un responsable de la Saur, Roland Morichon, relevée en octobre 2009 dans le phare de Ré : "le syndicat intercommunal d'eau potable d'Ars-en-Ré constitue notre vitrine commerciale"…

Les exploitants de la distribution d’eau

Pour mieux comprendre le système de l’eau-marchandise, il est particulièrement instructif de se pencher sur les différents acteurs de l’eau en Charente-Maritime que sont la RESE, la CER/Saur et la CGE/Véolia.

La RESE

Elle intervient dans 76% des communes et représente 48% des abonnés (131 336 abonnés en 2009). C’est de loin en Charente-Maritime, l’exploitant « eau potable », le plus important.

La RESE, Régie d’Exploitation des Services de l’Eau, distribue l’eau à 355 communes. Elle a été créée en 1954 par le Syndicat des eaux pour gérer et exploiter ses réseaux d’eau et d’assainissement.

La RESE est une régie intercommunale assurant un service public à caractère industriel et commercial, dotée de la seule autonomie financière.

Administrée par un conseil d’exploitation et dirigée par un directeur , sa personnalité morale est assurée par le Président du Syndicat des eaux. Elle possède un patrimoine distinct et jouit d’un budget propre.

Sa comptabilité est tenue selon les formes propres à la comptabilité publique par un comptable spécial.

Elle emploie 230 salariés permanents répartis entre :

Le siège à Saintes qui abrite les services généraux, les services techniques et la logistique.

Six agences clientèles locales qui ont pour mission de satisfaire les besoins et demandes des usagers tout en assurant le suivi et la maintenance courante des ouvrages.

L’usine de production d’eau potable Lucien Grand. Ce site gère de manière centralisée le réseau d’adduction permettant l’alimentation du littoral Charentais.

La RESE est donc un organisme public qui ne fait pas de bénéfice et dont la gestion est transparente. Son assiette lui permet d’appréhender globalement la politique départementale de l’eau. Néanmoins, elle reste, nécessairement, par sa taille, loin des abonnés et de leur contrôle démocratique.

La Saur

Sa part du marché représente en Charente-Maritime 13% des communes mais 23% des abonnés (62 057 abonnés en 2009). 58 communes délèguent à la Saur.

La Société d’Aménagement urbain et rural, a été créée en 1933. Spécialisée dans les métiers de la production et de la distribution de l’eau potable, et du Traitement des eaux usées elle s’est développée au niveau international dans les années 1960-1970. Passée dans le giron du groupe Bouygues en 1984, elle se « diversifie » encore et crée la COVED.

En 1994, c’est la création de Saur International suite à un accord entre EDF et Bouygues et en 1997 le groupe absorbe la Cise (filiale de Saint-Gobain) et devient le troisième prestataire de services auprès des collectivités locales. Après qu’EDF ait cédé sa participation dans le capital de Saur, Bouygues devient l’unique actionnaire en 2001, et ce jusqu’en 2005.

En 2005 en effet, Bouygues retire ses billes en vendant le groupe à PAI Partner qui, en 2007, cède ses parts à 3 actionnaires : Séché Environnement pour 33 %, la Caisse des Dépôts (CDC) pour 47%et AXA Private Equity pour 20% quicontrôlent désormais la Saur. Ces trois actionnaires ont nommé Joël Séché Président de la holding de contrôle et Président exécutif de la Saur, à compter du 27 mai 2008.

Séché environnement aura d’ailleurs bientôt la majorité des parts. Car, en 2008, la Caisse des dépôts et consignations et Axa Private Equity vendent respectivement 9% et 3% du capital de Saur à Cube Infrastructure et en mai 2008, Séché Environnement trouve un accord sur une option d'achat (exerçable du 27 mai 2008 au 26 mai 2012) sur 18% du capital du Groupe Saur détenu par la Caisse des dépôts et consignations[]. Il est également prévu que Séché Environnement puisse racheter, entre 2013 et 2018, les 49% restant du capital du Groupe Saur.

Implantée très tôt en Charente-Maritime, la Saur a bénéficié des premières délégations du SIAE La Rochelle-Nord dès 1954. Et depuis, les contrats ont toujours été renouvelés sans discussion ou au moins sans débat public.

La CER

Elle représente 7% des communes et 23% des abonnés (62 627 en 2009). 34 communes déléguaient jusqu’ici à la CER, la Compagnie des Eaux de Royan, qui est une filiale de la Saur. Ces communes, suivant la volonté de Didier Quentin, vont bientôt passer à Véolia Eau. Pour quelle raison ? Pour le comprendre, Il suffit de lire le véritable brûlot qui paraissait le 19 mai 2010 dans Sud-Ouest sous la plume du journaliste Pierre-Marie Lemaire :

« Pour l’actionnariat, l’eau est un placement juteux - ROYAN, cette année la Compagnie des eaux va distribuer 2,5 millions d’euros à ses actionnaires.

Après avoir alimenté la rubrique judiciaire avec la comparution de son ex-directeur devant le tribunal de Saintes pour trafic d’influence (jugement le 14 septembre), la Compagnie des Eaux de Royan retrouve un terrain plus familier, celui de l’actualité financière.

Ses actionnaires sont convoqués le 23 juin pour leur assemblée générale annuelle. Bonne nouvelle, ils se partageront cette année encore de confortables bénéfices : 2,53 millions d’euros. Mauvaise nouvelle, le dividende par action baisse encore, de 14,54€ à 14,12€, loin du record de 25,91€ atteint lors de l’exercice 2007. Et la perte du marché de l’eau à Royan risque de peser lourd sur ses comptes 2010.

La CER n’est pas une adepte de la règle des « trois tiers » vantée un temps par l’Élysée : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l’investissement, un tiers pour les salariés. Sans même parler des abonnés dont les factures, parmi les plus élevées de la Charente-Maritime (4,113€ le m3 à Royan en 2008), expliquent la rentabilité insolente de la société. Ses bénéfices tombent intégralement dans la poche de ceux qui possèdent ses 179 000 actions, à savoir la Saur (Société d’amènagement urbain et rural), troisième opérateur en France sur le marché de l’eau, pour 76,36%, la Sepig (Société des Eaux de la Presqu’île de Guérande, autre filiale de la Saur) pour 8,09% et quelques 300 actionnaires particuliers pour les 27 000 parts restantes. Il est prévu, toutefois, cette année, une augmentation du capital au profit des salariés à hauteur de 17 920€.

« Les eaux de Royan ? Une belle valeur de rendement » soulignait en 2007 le magazine en ligne investir.fr. Mais la Chambre régionale des comptes, dans son rapport de juin 2009, y voyait surtout une rente de situation octroyée les yeux à demi fermés par les collectivités locales, à commencer par la ville de Royan, le principal client. Selon Didier Quentin, député et encore maire de Royan, passer de la CER à Véolia devrait se traduire par une baisse de 10 à 30% du prix du mètre cube. »

Autrement dit, « ils » s’en sont mis plein les poches !

Ne pouvons-nous pas nous demander quand-même pourquoi, dans ces conditions, Didier Quentin ne prône-t-il pas le retour du service au public ? Le changement d’opérateur privé modifiera-t-il rééllement la donne ? Finalement les dividendes ne feront que tomber dans la poche d’un autre actionnaire.

La CGE (Véolia)

13 communes soit 3% des communes, 3% des abonnés (8 694 abonnés en 2009), délèguent à la CGE.

Qu’est-ce que la CGE ?

La Compagnie Générale des Eaux a été créée par décret impérial en 1853 pour fournir de l’eau à Lyon. Disposant très vite de fonds importants, elle se distingue en investissant entre autres, dans l’immobilier à New-York. Elle se « diversifie » encore au début des années 1980 en investissant dans la gestion des déchets, l'énergie, les transports, la construction et l'immobilier. Elle est alors spécialisée dans les délégations de services publics et les commandes des pouvoirs publics, proche des milieux politiques et dépendante des commandes de l'État et des collectivités territoriales.

En 1983, elle participe à la création de Canal +. Dans les années 1990, elle commence à investir dans les télécommunications et les médias et, en 1996, avec Jean-Marie Messier comme PDG, elle crée Cegetel, une société de téléphonie fixe et mobile, possédant les marques TamTam (pager), Le 7 (téléphone) et SFR (mobile). Elle entre dans le capital d'AOL Europe.

Renommée Vivendi en mai 1998, elle devient Vivendi Environnement en 2000.

En juillet 2002, Jean-Marie Messier est contraint de démissionner de son poste de président de Vivendi. Jean-Marie Messier, vous savez, l’ancien ministre de la privatisation, parti avec 20 millions de dollars d’indemnité pour avoir placé son groupe au bord de la banqueroute, tout proche de la cessation de paiements, perdant un milliard de dollars par mois.

En mars 2003, Vivendi Universal annonce une perte comptable de 23 milliards d'euros alors qu'un an auparavant, son PDG déclarait qu'elle allait « mieux que bien ! ». Vivendi se désengage ensuite progressivement de «Vivendi environnement» renommé «Veolia Environnement» en 2003.

En août 2004, Bercy accorde à Vivendi le régime fiscal du bénéfice mondial consolidé. Le désengagement complet est achevé en juillet 2006. Vivendi avait déjà obtenu trois milliards de francs « d’exemption fiscale » pour sa fusion avec Pathé en 1999 puis cinq milliards de francs « d’exemption fiscale » lors de la fusion avec Universal. Et maintenant, ça marche pour eux !

Devenu Véolia en 2005, le groupe est partagé en 4 unités : Véolia-Eau, Véolia-Énergie, Véolia-Propreté et Véolia-Transport. Le 20 avril 2006, le groupe reprend le nom de Vivendi. Le 13 mars 2009, son régime fiscal est renouvelé pour 3 ans.

Donc, la CGE, ce n’est pas la Compagnie Généreuse qui vous donne de l’Eau, c’est Véolia/Vivendi !

Le prix de l’eau

La RESE facture les 120 m3 217,5€ en 2007, 217,16€ en 2008 et 223,21€ en 2009. C’est le même prix pour tous les abonnés quelque soit leur lieu de résidence dans le département.

La Régie municipale de La Rochelle facturait 120 m3 224€ en 2007.

La Régie municipale de Rochefort se situe à 304€ les 120m3 en 2009 y compris l’assainissement !

La Saur facturait les 120m3 d’eau 381€ en 2008 à Périgny.

La CER facturait les 120 m3 d’eau 494€ en 2008 et 539€ en 2009 à Saint-Georges-d’Oléron !

Véolia ? À Saintes, 120 m3 pour 302€ en 2009.

Les contrats des fermiers en question

Pour La Rochelle-Nord, le nouveau contrat signé avec la Saur aura une durée de 12 ans et s’achèvera donc en 2022.

À Saintes, le contrat avec Véolia s’achèvera le 31 décembre 2013.

À Royan et dans l’île d’Oléron, les contrats sont en cours de renouvellement après les grandes manœuvres de remplacement du président du syndicat des eaux d’Oléron Nord. C’est Véolia a emporté le pactole.

Les forces de l’eau Ô public

Les structures publiques

La RESE, les régies municipales ou celles de La Jarrie, ont le mérite d’exister et de montrer le chemin à suivre. Elles proposent les prix les moins chers et de loin ! On ne part pas de rien.

Les associations

CEP 17 à La Rochelle.

Créée en septembre 2008, CEP 17 s’est fixé comme objectif, sur l’ensemble de la Charente-Maritime, de défendre et de promouvoir la gestion publique de l’eau, de défendre les intérêts des usagers de l’eau quelque soit son mode de gestion, de regrouper les citoyens, associations, groupe d’initiatives ayant la volonté de réfléchir, de débattre et d’agir ensemble pour une gestion publique de l’eau, d’accompagner et de soutenir les associations et groupes développant des activités, des initiatives, des actions dont l’objectif rejoint la promotion d’un débat public sur la question de la gestion de l’eau, d’agir pour garantir la transparence des décisions.

 

Son Président est Daniel Vince. Elle édite un bulletin : Hissez-Eau qui est maintenant bien connu, au moins des élus locaux et a créé un blog à l’adresse : http://cep17.over-blog.com/.

 

Notre action a été importante surtout auprès des élus locaux mais n’a pu encore parvenir à renverser la tendance en faveur d’une gestion publique.

 

Nous ne renoncerons pas à ce combat, soyez en sûrs et nous continuerons à argumenter en faveur d’une gestion transparente et publique dans l’intérêt et sous le contrôle des usagers.

 

Eaux Secours Service public 17 à Saintes.

Créée en février 2010, l'association est née « de la volonté de citoyens Saintais et de partis et mouvements de Gauche de faire tenir à la municipalité de Saintes sa promesse de campagne de remunicipaliser les services d'eau et d'assainissement. »

Sa Présidente est Claire Sartre-Loubignac.

L’association a créé un blog à l’adresse : http://eausecours17.over-blog.com/

 

Les partis politiques

Les partis de droite favorables par principe à une économie libérale ne se sont bien sûr pas exprimés.

À gauche, malgré les prises de position nationales de certains partis comme le PCF, le NPA, les Verts/Europe écologie, le Parti de Gauche, le moins que l’on puisse dire est que la position de certains partis est variable au plan local suivant les lieux :

À La Rochelle, les Verts/Europe Écologie, (mais avec des nuances, puisque Béatrice Muset, la trésorière départementale des Verts, a voté au comité syndical du SIAE La Rochelle-Nord en faveur de la délégation de service public à la Saur), le Parti de Gauche, ATTAC, se sont prononcés favorablement à la régie publique et ont adhéré à l’association CEP 17.

Le PCF a approuvé et parfois aidé mais n’a pas officiellement adhéré malgré la présence à titre individuel de plusieurs de ses membres dans l’association.

Le NPA ne s’est pas manifesté.

Le PS, par son secrétaire départemental, le Conseiller régional et adjoint au maire de La Rochelle Olivier Falorni, s’est montré personnellement assez ouvert, sans toutefois engager son parti, de même que Maxime Bono, député maire de La Rochelle et surtout président de la CDA de La Rochelle, qui a promis de faire participer CEP 17 à un groupe de travail de la CDA chargé de réfléchir à la politique de l’eau. Des prises de position individuelles de certains élus comme Suzanne Tallard, maire PS d’Aytré ont été très favorables au service public, engageant même la municipalité. D’autres, comme Christian Perez, maire PS de Saint-Xandre, ont été plus nuancés et ont finalement voté la délégation à la Saur tandis que Nieul-sur-Mer, Saint-Ouen, Saint-Rogatien et Aytré votaient contre.

Les élus PRG, Yann Juin, président départemental, Guy Denier, maire de Périgny, au contraire, ont soutenu leur compère Christian Grimpret, maire de Sainte-Soulle et président du syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau de La Rochelle-Nord dans sa volonté de délégation à la Saur.

À Saintes, neuf mouvements politiques ont enfoncé le clou en rappelant leur position de principe en faveur d'une régie municipale. Ce ne sont pas toujours les mêmes qu’à La Rochelle :

« L'eau ne doit pas être considérée comme une marchandise ni sa gestion comme un moyen d'enrichir des actionnaires. L'eau est un bien commun de l'humanité qui doit être géré par la collectivité », indiquent, dans un communiqué, Europe-Écologie, les Verts, la Gauche alternative 17, le Mouvement républicain et citoyen (MRC), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti de gauche (PG), le Parti ouvrier indépendant, le Parti radical de gauche (PRG) et les Amis de Ginette Manon (ex-membres du Parti communiste). Tous ont rejoint le combat d'Eaux secours services publics 17. » Ici, parmi les forces de Gauche pas de PS ni de PCF, mais le PRG !

À Royan, le retour au public de la gestion de l’eau a été un des thèmes retenus par le communiste Jacques Guiard, au nom de l’Union de la Gauche, dans sa campagne pour les élections municipales de juin 2010.

Dans l’île d’Oléron, les vagues n’ont pour le moment mouillé que les partisans de la CER contre ceux de Véolia et on est encore loin d’une prise de conscience par l’opinion de l’enjeu public/privé.

L’opinion publique

Relativement peu atteinte par le débat, elle n’est surtout pas consultée pour les décisions. L’intervention de CEP 17 a beau avoir fait l’effet d’un pavé jeté dans une mare, le grand débat que nous appelions de nos vœux n‘a malheureusement pas eu lieu et les élus locaux ont continué à jouer la carte de la démocratie représentative qu’ils revendiquent : « Vous m’avez élu, maintenant laissez-moi faire, je sais ce qui est bon pour vous ! ».

Pour ce qui est des communes adhérentes au SIAE La Rochelle-Nord, les abonnés jugeront en fonction des baisses éventuelles et promises négociées dans le nouveau contrat. Il en ira de même à Royan.

Partout en France, de plus en plus nombreuses sont les collectivités qui manifestent leur refus de voir l’eau rester une source de profit pour quelques actionnaires au détriment des usagers que nous sommes tous, particulièrement à un moment où tout le monde prend de plus en plus conscience de la raréfaction de la ressource.

Nous souhaitons qu’il en aille de même en Charente-Maritime.

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